Inauguration sur site le vendredi 11 Avril 2025.
Naît de l’initiative d’un Mécénat local, en collaboration avec le Parc Naturel Régional des Alpilles et la Commune des Baux de Provence le projet d’implantation d’une œuvre originale destinée à l’accueil d’insectes et plus particulièrement de différentes espèces d’Abeilles sauvages présentes dans le massif des Alpilles se matérialise en sanctuaire à découvrir. Ce dispositif sculptural permet de jauger en temps réel les différentes populations d’Abeilles sauvages in situ et de sensibiliser un large public à leur rôle essentiel. Première œuvre d’art «écosystème» à contempler dans le massif, un sanctuaire à découvrir !
Si l’on peut soupçonner la présence de tout ce petit monde, il reste difficile pour la plupart d’entre nous de consacrer du temps à leur observation.
C’est là toute la démarche des œuvres entomologiques : un objet d’art qui attire le regard par son esthétique et son intégration au milieu, dans lequel et autour duquel on peut découvrir et observer ce monde extraordinaire des insectes ; apprendre à les connaître, pour mieux les appréhender, les respecter. Un lieu privilégié d’observation et de pédagogie.
Le sanctuaire des Abeilles est une œuvre pérenne d’art graphique et plastique qui offre l’observation d’une interaction entre une œuvre artistique et son milieu, une création offrant la perspective d’un dialogue constructif entre Homme et Nature. Elle propose au spectateur d’observer par lui-même l’évolution de l’œuvre, le dessin de trous et de fentes est constamment modifié au gré des saisons, une œuvre en mouvement.
Sorte de stèles érigées là en sanctuaire des Abeilles. Ces plaques rectangulaire sont de hauteurs différentes et créent un mouvement accompagnant visuellement le sens de la pente du terrain (200cm/175cm/150cm).

Technique et principe: Réalisée en bois massif de Cèdre, Cyprès et de Chêne, d’une épaisseur de 15cm, ces panneaux verticaux s’animent d’un dessin géométrique de plusieurs centaines voire milliers de trous de différents diamètres, réalisés à la perceuse électroportative de façon manuelle les uns après les autres, l’accueil des Abeilles nécessite une relative propreté de réalisation au risque de les blesser avec les échardes laissées par un mauvais perçage. Le diamètre des trous s’échelonne de 2mm à 16mm. Les trous sont percés sur une profondeur de 5cm à 12cm selon les diamètres, couvrant ainsi les besoins en nidification du maximum d’espèces d’Abeilles solitaires.
Les trous pratiqués permettent l’accueil de nidifications de multiples espèces d’Abeilles solitaires xylicoles, à nids libres ou opportunistes ( Mégachille, Anthophora, Heriades, Anthidie, etc…) et de quelques autres espèces d’Hyménoptères. Au fond de chaque trou une femelle accumule une réserve de nourriture (nectar plus pollen pour la plupart, à signaler que certaines solitaires fabrique également du miel) sur laquelle elle pond un œuf qu’elle protège en tapissant les parois de sécrétion de cire, de résine, ou encore de feuilles ou de pétales de fleurs pour certaines Mégachiles ; puis elle obture cette « cellule » (équivalent de l’alvéole chez l’Abeille sociale) de boue pour certaines espèces, pour d’autre d’un broyat végétal, de résine de conifères, ou d’un coton tissé de poils végétaux, … Les Abeilles solitaires passent l’hiver le plus souvent en diapause à l’état larvaire, parfois à l’état adulte, dans la cellule du nid. La profondeur du trou peut offrir à chaque femelle une potentialité de pondre 30 à 40 œufs en moyenne dans sa durée de vie saisonnière. En les occupants et grâce à leurs techniques de construction, ces Abeilles vont constamment transformer le dessin de trous géométrique proposé. La « Bourgade » d’abeilles solitaires ainsi réunies offre l’observation potentielle d’une population de nombreux individus (30 par trous en moyenne) composée de différentes espèces et de leurs parasites (Scolies, Sphégiens, etc…).
Les trous ne sont pas traversant, chaque trou possède donc un fond. Le dessin de trous ne débute qu’à deux centimètres des bords des plaques, assurant ainsi une isolation thermique suffisante pour les œufs et larves d’Abeilles.
De nombreuses fentes circulaires, verticales, horizontales, fines, naturelles ou épaisses, des papillons anti-fentes, de petites pièces d’ébénisterie complètent le dessin pour accueillir d’autres insectes ou renforcer la solidité de l’ouvrage.
Pour plus de durabilité aux intempéries, chaque pièce de bois est traitée avec un mélange de trois huiles végétales (huile de Lin, huile de Noix et huile d’Abrasin) et d’un pigment anti-UV retardant le grisement. Toutes les pièces de bois de l’œuvre sont solidement ancrées dans le sol par des systèmes de fixations métalliques sans scellement permettant ainsi un impact minime sur le sol.
Une anfractuosité sur chaque plaque de bois lézarde au centre, dressée vers le sommet, dans un mouvement végétal, le bois y est calciné pour offrir une couche de carbone unique et durable. La technique de brûlage spécifique Shou Sugi Ban utilisée s’inspire d’une tradition séculaire pratiquée au Japon et nous rappelle l’incendie, menace constante du massif des Alpilles.
L’ensemble est disposé dos au vent dominant.